La floraison femelle est un stade clé du maïs – c’est le principal indicateur de la précocité de la culture. Donc une aide précieuse pour anticiper la date de récolte du fourrage. Cette année, semis précoces et températures élevées permettaient déjà d’annoncer une floraison précoce (hors re-semis dans certaines régions). « Le déficit hydrique observé depuis plusieurs semaines intervient au moment où de nombreux maïs fourrages approchent de la floraison, stade sensible au manque d’eau. Selon l’intensité du stress et le type de sol, les conséquences peuvent aller d’un simple ralentissement de croissance à un arrêt définitif du potentiel de production » prévient l’institut technique Arvalis, cette semaine, alors que survient la deuxième canicule de l’année (après celle survenue durant la deuxième quinzaine de juin, et la 53e depuis 1947, dont plus de la moitié ont eu lieu après 2010 selon Météo France). Alors que chaque année, le seuil optimal des 33% de MS reste régulièrement dépassé par les éleveurs, la saison 2026 est encore plus susceptible de prendre les professionnels de vitesse. Par ailleurs, l’alimentation hydrique a parfois été insuffisante pour compenser un stress modéré en préfloraison (limitant le développement végétatif et le nombre d’ovules).

Alors, comment réagir face à la rapidité d’évolution des maïs ?

  • Si seules quelques feuilles basses sont desséchées (couleur gris-marron), mais que la majeure partie du feuillage reste fonctionnelle, la culture peut conserver un potentiel de reprise en cas de retour des pluies (même si la croissance restera pénalisée). Recommandation : évaluer la formation des épis avant d’envisager une récolte anticipée. 
  • Si les parcelles présentent plus de 30% des feuilles desséchées (couleur marron), et que les dernières feuilles émises se tientent de marron à leur extrémité et/ou blanchissent, le feuillage encore vert pourra encore retrouver son potentiel avec l’arrivée de conditions favorables. Malgré cette dégradation, le feuillage encore vert peut encore repartir si les conditions redeviennent favorables rapidement. Recommandation : sans pluie significative dans les jours à venir, une valorisation en affouragement en vert ou au pâturage peut être envisagée. À ce stade, la teneur en matière sèche (autour de 22%) reste généralement insuffisante pour l’ensilage.
  • S’il reste moins de deux feuilles vertes par plante, et que l’émission de nouvelles feuilles est bloquée, le retour des pluies ne permettra plus de relancer la croissance de la culture. Recommandation : envisager très rapidement la récolte afin de préserver au mieux la capacité de conservation et de valorisation du fourrage. NB : en l’absence d’épis, il est pertinent de retirer l’éclateur. Mais sur des pieds chétifs, intervenir par fauche puis andainage est déconseillé (risque d’introduction de terre).

Rappel : on estime que la parcelle est fleurie quand au moins 50% des plantes présentent des soies. Selon la précocité de la variété, il faudra ensuite cumuler entre 560°C et 750°C (en base 6-30°C) pour arriver autour du stade 32-33% de matière sèche (MS), soit 45 à 70 jours selon les régions et le climat. Il est recommandé d’aller visiter les parcelles dès le début de la floraison mâle, précédant de quelques jours la floraison femelle (en théorie), qui se caractérise par la sortie des premières panicules au sommet des plantes